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La structure de l’espéranto, basée sur un système de radical + affixes (préfixes et suffixes) simplifie considérablement les apprentissages. En français, en anglais, on a des mots différents pour bœuf, vache, taureau, veau, génisse, étable, vacher, viande de boeuf etc. En espéranto, il suffit de connaître le radical bov- et de lui ajouter des affixes : bovo, bovino, virbovo, bovido, bovinido, bovejo, bovisto, bovaĵo. Pour un Russe ou un Chinois, la différence est énorme ! Et non seulement ça ne diminue pas la qualité de l’expression, mais au contraire cela permet très vite une créativité presque sans fin grâce à ce jeu de légo.

Chaque langue a une structure propre, mais les exceptions aux règles empêchent souvent de la repérer. L’espéranto s’appuie sur le principe de régularité, d’absence d’exceptions et d’une analyse grammaticale immédiatement perceptible. Et cette perception de la grammaire est réutilisable pour les autres langues, à commencer par la langue maternelle.

Par ailleurs, différentes expériences ont montré que l’espéranto a des qualités propédeutiques remarquables. Pratiquement toutes les langues sont propédeutiques. La première langue est plus difficile à apprendre que la deuxième, elle-même plus difficile que la troisième. La grammaire de l’espéranto permet toutefois d’acquérir plus rapidement les mécanismes d’apprentissage vers d’autres langues.

L’espéranto a aussi des effets psychologiques sur les élèves. L’aisance avec laquelle ils l’apprennent leur donne confiance en eux et les rend plus ouverts à l’idée d’apprendre une langue différente de la leur (voir sur YouTube l’expérience de Tim Morley en Angleterre avec le « Springboard to languages »). L’épanouissement culturel, dû aux contacts avec des espérantistes de plusieurs pays, permet aux élèves de s’intéresser à la géographie, à l’histoire, aux traditions des pays de leurs éventuels correspondants espérantistes (l’espéranto est parlé dans 130 pays).

De plus, l’espéranto est une langue équitable, qui met tout le monde sur le même plan. Le Rapport de François Grin au Haut Conseil à l’évaluation de l’école (voir Wikipédia Rapport Grin) évalue à environ 18 milliards d’euros par an les bénéfices pour les Britanniques de la politique actuelle favorisant l’anglais (tourisme captif pour aller apprendre la langue ; inégalité essentielle dans une négociation ; absence de frais de traductions ; pas ou peu de frais d’apprentissage des langues ; avantages culturels considérables ; édition d’ouvrages bien plus rentable ; etc). L’espéranto s’oppose à la discrimination linguistique et valorise toutes les langues, même minoritaires.

Pour des Français enfin, l’espéranto montre, entre autres, les possibilités, très sous-estimées, de l’utilisation des affixes dans notre langue, et toute la souplesse, la créativité que ceux-ci devraient nous permettre.

Pour les poètes, ses qualités de concision/expansion font de l’espéranto un outil très apprécié depuis les débuts de la langue. Il existe toute une anthologie de poèmes en espéranto.

 

 

Ce texte est inspiré de la vidéo « TOUT CE QUI N’EST POINT PROSE, EST VERS » du vidéaste Monsieur Phi :

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La poésie va plus loin encore.

La poésie se distingue peu, par la forme, de la prose. La poésie a conquis de nouveaux territoires de l’écrit par sa vertu propre. Elle est d’abord une manière d’écrit qui dit l’indicible, traverse les frontières des sujets, des formes, des contenus aussi.

La poésie est rencontre. Fortuite et singulière. Elle est confrontée certes aux lois ordinaires, au « maître extérieur », au langage partagé et compris du grand nombre. C’est le maître d’école qui tente de définir la métrique, les caractères de la poésie, de définir l’indéfinissable. Le maître qui apprend la langue commune.

Mais elle est aussi rencontre singulière entre un auteur, son univers, et l’autre que l’on ne connaît pas. Dans cette rencontre, c’est le « maître intérieur », qui est aussi avertisseur, qui parle, ouvre des chemins de liberté. C’est à cet endroit précis où la liberté s’exerce que la rencontre s’offre des surprises, libère les champs du possible.

Le texte s’en va circuler de lui-même par le vaste monde, parler un langage propre à chaque oreille attentive. Les horizons se heurtent, se complètent, se découvrent. Poésie est avant tout liberté, comme tout geste de tout artiste. Elle est sous le marteau du maçon des cathédrales ou du sculpteur, dans le pinceau muet du peintre, dans la musique des instruments, dans la vocalise du baryton.

Elle porte un « je ne sais quoi » qui me convainc à la seconde que c’est elle, la poésie. En prose ou en vers. Peu importe au fond.

Chaque jeune de 15 à 25 ans est convié ici, pour la 20ème année consécutive, à faire vibrer la corde de l’artiste qui l’habite.