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Court Prologue pour les 20 ans

« Vingt ans, l’espace à peine d’une enfance », selon les mots de Victor Hugo, c’est l’âge de Poésie en liberté en 2018, le même qu’un grand nombre de ses participants, puisqu’ils ont entre 15 et 25 ans. Certains n’étaient pas nés en 1998, et d’autres qui naissent aujourd’hui seront poètes, et avant vingt ans.

Le concours international Poésie en liberté accompagne cette marche du temps, montrant qu’il se trouve plusieurs milliers de jeunes chaque année qui écrivent et envoient leurs poèmes. Qui l’aurait imaginé ? Qui l’imaginerait encore ? Et pourtant…

Le nombre des participants au concours Poésie en liberté est à présent impressionnant : plus de 110 000 lycéens, étudiants et apprentis, venant de 150 pays, ont perturbé les défaitistes, irrité les empêcheurs de rêve, ému les âmes généreuses, accompagné les vies.

La passion est contagieuse, et des partenaires de toute sorte continuent à suivre ce grand moment poétique annuel, et d’autres nous rejoindront, nous le savons. Qu’ils soient ici tous remerciés.

Des milliers de professeurs, de poètes, d’artistes, de proviseurs, nous accompagnent pour convaincre les intrépides de chaque génération qu’ils ont raison de se risquer dans l’aventure.

La cloche des 20 ans va retentir. Les nations représentées sont nombreuses. En Europe, en Afrique, aux Amériques, en Océanie, en Asie. Surprenante diversité des humains, de leurs regards, de leurs mots.

La poésie est une manière simple de pouvoir dire l’indicible, elle transmet l’impalpable. Elle met chacun face à soi-même, dans sa vérité.

Les poèmes lauréats du concours, publiés désormais par les éditions Bruno Doucey dans une anthologie annuelle, sont un témoignage incomparable des doutes, des craintes, mais aussi des joies et des espoirs d’une génération qui sans cesse se renouvelle, et sans cesse témoigne de son ancrage dans la société.

Le clavier est allumé en permanence dans le monde entier. La liberté inspire les peuples et libère leurs émotions. La rencontre des 20 ans se prépare dès aujourd’hui. Chacune, chacun y a sa place.

Jean-Marc MULLER, Matthias VINCENOT

 

 

Poème espéranto traduit en français

Jen ekzemplo de poemo, kun provo de traduko en la franca.
Voici un exemple de poème en espéranto, avec essai de traduction en français.

Poème Esperanto-Français

Poème Esperanto-Français

 

 

Prix International des Droits de l’Enfant

L’Homme comme tout vivant grandit, vieillit et dépérit. L’enfant porte la vie nouvelle qui advient par une volonté mystérieuse de forces agissantes, où la nature et l’action humaine conjuguent leurs hasards et leurs nécessités.

Le petit d’Homme porte tous les possibles de l’humanité. Il est la génération qui remplace les aïeux. Il est l’avenir qui produit la sagesse de demain, les savoirs de la survie, la réalisation d’espoirs merveilleux.

Il est l’une des parts les plus fragiles de l’espèce. Il dépend des soins des générations précédentes, de leurs acquis et surtout de leur bienveillance, de leur protection, de leur bienfaisance.

C’est ainsi que parlent les poètes depuis les temps immémoriaux. C’est ainsi que les mères portent l’espoir du monde baigné de féconde tendresse.

C’est ainsi que les pères reconnaissent le fruit de leur vie.

Pourtant, le faible, le fragile, le nouveau-né est la proie des passions humaines, de sa violence incessante. La folie humaine en fait un adulte avant l’âge en lui volant son enfance, en l’armant pour le meurtre, en le sacrifiant à sa volonté de domination.

Chaque jour, l’enfant est violenté, martyrisé, tué partout dans le monde en des proportions variables. Mais partout avec une détermination diabolique.

Les droits sont signés en vain par la plupart des nations. Les pleurs n’arrêtent aucune sauvagerie. Nul n’est épargné par ce fléau.

Poètes, sages, saints, prophètes et maîtres d’école, reprenez le flambeau de l’enfance heureuse. Artistes, musiciens, écrivains, bataillez sans fin.

Jeunesse du monde, embrasse la cause sacrée de l’enfance dans des poèmes.

Tous à vos claviers à chanter l’enfance et ses droits.

 

 

Pourquoi l’Espéranto ?

La structure de l’espéranto, basée sur un système de radical + affixes (préfixes et suffixes) simplifie considérablement les apprentissages. En français, en anglais, on a des mots différents pour bœuf, vache, taureau, veau, génisse, étable, vacher, viande de boeuf etc. En espéranto, il suffit de connaître le radical bov- et de lui ajouter des affixes : bovo, bovino, virbovo, bovido, bovinido, bovejo, bovisto, bovaĵo. Pour un Russe ou un Chinois, la différence est énorme ! Et non seulement ça ne diminue pas la qualité de l’expression, mais au contraire cela permet très vite une créativité presque sans fin grâce à ce jeu de légo.

Chaque langue a une structure propre, mais les exceptions aux règles empêchent souvent de la repérer. L’espéranto s’appuie sur le principe de régularité, d’absence d’exceptions et d’une analyse grammaticale immédiatement perceptible. Et cette perception de la grammaire est réutilisable pour les autres langues, à commencer par la langue maternelle.

Par ailleurs, différentes expériences ont montré que l’espéranto a des qualités propédeutiques remarquables. Pratiquement toutes les langues sont propédeutiques. La première langue est plus difficile à apprendre que la deuxième, elle-même plus difficile que la troisième. La grammaire de l’espéranto permet toutefois d’acquérir plus rapidement les mécanismes d’apprentissage vers d’autres langues.

L’espéranto a aussi des effets psychologiques sur les élèves. L’aisance avec laquelle ils l’apprennent leur donne confiance en eux et les rend plus ouverts à l’idée d’apprendre une langue différente de la leur (voir sur YouTube l’expérience de Tim Morley en Angleterre avec le « Springboard to languages »). L’épanouissement culturel, dû aux contacts avec des espérantistes de plusieurs pays, permet aux élèves de s’intéresser à la géographie, à l’histoire, aux traditions des pays de leurs éventuels correspondants espérantistes (l’espéranto est parlé dans 130 pays).

De plus, l’espéranto est une langue équitable, qui met tout le monde sur le même plan. Le Rapport de François Grin au Haut Conseil à l’évaluation de l’école (voir Wikipédia Rapport Grin) évalue à environ 18 milliards d’euros par an les bénéfices pour les Britanniques de la politique actuelle favorisant l’anglais (tourisme captif pour aller apprendre la langue ; inégalité essentielle dans une négociation ; absence de frais de traductions ; pas ou peu de frais d’apprentissage des langues ; avantages culturels considérables ; édition d’ouvrages bien plus rentable ; etc). L’espéranto s’oppose à la discrimination linguistique et valorise toutes les langues, même minoritaires.

Pour des Français enfin, l’espéranto montre, entre autres, les possibilités, très sous-estimées, de l’utilisation des affixes dans notre langue, et toute la souplesse, la créativité que ceux-ci devraient nous permettre.

Pour les poètes, ses qualités de concision/expansion font de l’espéranto un outil très apprécié depuis les débuts de la langue. Il existe toute une anthologie de poèmes en espéranto.

 

 

La poésie va plus loin encore.

Ce texte est inspiré de la vidéo « TOUT CE QUI N’EST POINT PROSE, EST VERS » du vidéaste Monsieur Phi :

La poésie va plus loin encore.

La poésie se distingue peu, par la forme, de la prose. La poésie a conquis de nouveaux territoires de l’écrit par sa vertu propre. Elle est d’abord une manière d’écrit qui dit l’indicible, traverse les frontières des sujets, des formes, des contenus aussi.

La poésie est rencontre. Fortuite et singulière. Elle est confrontée certes aux lois ordinaires, au « maître extérieur », au langage partagé et compris du grand nombre. C’est le maître d’école qui tente de définir la métrique, les caractères de la poésie, de définir l’indéfinissable. Le maître qui apprend la langue commune.

Mais elle est aussi rencontre singulière entre un auteur, son univers, et l’autre que l’on ne connaît pas. Dans cette rencontre, c’est le « maître intérieur », qui est aussi avertisseur, qui parle, ouvre des chemins de liberté. C’est à cet endroit précis où la liberté s’exerce que la rencontre s’offre des surprises, libère les champs du possible.

Le texte s’en va circuler de lui-même par le vaste monde, parler un langage propre à chaque oreille attentive. Les horizons se heurtent, se complètent, se découvrent. Poésie est avant tout liberté, comme tout geste de tout artiste. Elle est sous le marteau du maçon des cathédrales ou du sculpteur, dans le pinceau muet du peintre, dans la musique des instruments, dans la vocalise du baryton.

Elle porte un « je ne sais quoi » qui me convainc à la seconde que c’est elle, la poésie. En prose ou en vers. Peu importe au fond.

Chaque jeune de 15 à 25 ans est convié ici, pour la 20ème année consécutive, à faire vibrer la corde de l’artiste qui l’habite.