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Poésie en liberté : promesse ou slogan ?

Blog du Président

C’est vrai, Poésie en liberté claque comme un slogan en parfaite conformité avec l’ambiance culturelle de ce temps. Pour faire agir, il faut savoir vendre le produit. Et dans la démarche publicitaire, ce sont les slogans qui touchent et font réagir.

Pourtant pour nous,  il ne s’agit pas d’une promesse de bonheur par la poésie. Les poèmes reçus parlent de l’amour et de la mort. Ils sont pétris de souffrance : drames intimes ou collectifs, guerres, violences dans les familles et dans les nations, misères du monde. Avec une lueur d’espoir, un mot qui libère, une étincelle qui fait l’humanité. Aussi de l’humour et des belles histoires. Des récits qui font vibrer.


C’est curieux : le titre de Poésie en liberté a suscité de nombreux commentaires. Souvent sur les rapports entre poésie en liberté. L’histoire de ce choix de titre est pourtant bien triviale.

Lorsque l’équipe du lycée Henri-Wallon à Aubervilliers a proposé un concours de poésie, immédiatement quantité de personnes bien intentionnées y ont vu une occasion de traiter des préoccupations liées aux banlieues. Pourquoi pas des thématiques typiques et « typées » : racisme, intégration, accueil des cultures diverses et toutes ces questions réservées aux pauvres.

On proposerait à tous les jeunes des sortes de dissertations poétiques à thèmes où des récits riches d’émotion se chargeraient de ce que le débat rationnel de l’espace public se sent incapable de porter efficacement depuis si longtemps. Ce n’est pas sans intérêt, certes.
Les promoteurs du concours n’ont pas fait ce choix. Pour eux pas de thème imposé. Pas de paiement pour participer. Pas de contribution pour être publié ou pour recevoir son diplôme de lauréat.

Une forme plus accomplie de liberté : celle de payer son voyage à Paris à la force de sa plume, ou plutôt de son clavier, d’être publié en récompense de sa passion d’écrire.

Liberté de participer : tous les jeunes de 15 à 25 ans, quel que soit leur parcours ou leur pays. Les accidentés, les isolés, les scolarisés ordinaires, les handicapés, les ultra-marins, les jeunes de partout ou de nulle part.
Ainsi vit Poésie en liberté.

Jean-Marc Muller, Président