Anthologie progressive

Née en Roumanie, diplômée de l’Université de Bucarest avec une thèse de maîtrise en littérature comparée, Dana Shishmanian vit et travaille en France depuis 29 ans.
Elle a débuté dans la revue sur le net Le Capital des Mots et publié aussi dans des revues  comme Arpa, Décharge, Comme en poésie, Esprits poétiques (Hélices), Textes et prétextes (Le chasseur abstrait), Les cahiers du sens 2010 (Le Nouvel Athanor), des anthologies comme Francopolis 2008-2009, Flammes vives (2010 et 2011), L’Athanor des poètes 1991-2011, des sites de poésie comme Patrimages, Le manoir des poètes, et dans la revue en ligne Francopolis.
Elle a animé en 2010, avec l’écrivain mauricien Khal Torabully, la collecte de poèmes Poètes pour Haïti (parue chez L’Harmattan en janvier 2011, dans la collection Témoignage poétique). Enfin, elle a assuré la direction littéraire de l’anthologie Esprits poétiques n°4- Sortilèges (Hélices, mars 2011).
Une plaquette, représentant une sélection du volume inédit Exercices de résurrection, est parue en octobre 2008 dans la collection « Poètes Ensemble » d’Hélices. En décembre 2011 est paru chez L’Harmattan son recueil Mercredi entre deux peurs (117 p., collection Accent tonique).

Poème

Poissons d’avril

Aux vieux poètes

Longs cheveux grisâtres
crasseux
yeux fixés ailleurs
grand sourire perché
sur un escabeau à tâtons
sur ses trois pieds
espiègleries inutiles
dans les plis des coins d’œil
œillades brillant furtivement
voix tremblantes
embrassures
accolades
empoignements
voudraient bien aller prendre une bière
après la lecture
mais on ne reste plus aussi tard
en ville
peur du RER de nuit
pas de bus après
et pas motorisé
alors on s’estompe au plus vite
pour retrouver son chez soi de banlieue
auprès d’un chat
les lendemains sont durs
les disputes politiques – oubliées
telles des blessures anciennes
les souffrances d’amour cicatrisent tardivement
sous l’anesthésie du temps
petits enfants en pagaille
ne comprenant rien
à leurs mamies papys
et vice-versa

humanité qui se cherche

eux les vieux poètes seuls portent encore
accrochés à leur dos
tels des poissons d’avril
les contours des anges
l’air de ne même pas
s’en apercevoir