Anthologie progressive

Maïa Brami née en 1976, est écrivain. Elle ne se limite à aucun public et à aucun genre littéraire. La langue est son champ d’exploration, qu’elle fait résonner avec les autres arts. La Femme est au coeur de son travail.

Son site personnel : http://www.maiabrami.fr/

Elle a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages depuis 2000. Parmi lesquels Paula Becker, la peinture faite femme (L’Amandier, 2016), L’inhabitée (L’Amandier, 2015), Lettre au poète, Cocteau à Milly-La-Forêt (Belin, 2014), Pour qu’il advienne, poèmes (Caractères, 2010) et Le Monde est ma maison (Saltimbanque, 2017).

Depuis près de vingt ans, elle mène des ateliers d’écriture en milieux scolaire, associatif, en bibliothèque, et collabore depuis 2008 avec l’équipe pédagogique du Mémorial de la Shoah, avec qui elle a développé trois ateliers qui allient Histoire, écriture et musicologie. En 2018, elle crée L’Essence des mots au MAHJ, stage d’écriture pour adultes.

Poème

Visage

À première vue

L’ensemble rappelle un paysage nordique

Ou un Rothko

Une bande bleue sur une bande blanche

Mais à la lisière

L’éblouissement d’une aurore boréale

Un bleu surnaturel

Abrasif      perçant                brûlant

Lubrique ascète, dont l’iris dément   magnétise

Monolithique dirait-on et qui pourtant s’abat

Vous piégeant dans son axe

L’eau dessous lèche

Tel le dromadaire use de sa langue le sel

Rayer la surface de huit en huit

Mais toujours               faire durer l’hiver