Anthologie progressive

Hongroise d’origine,  Cécile A. Holdban vit à Paris.

Peintre, traductrice (du hongrois et de l’anglais), poète, elle est coéditrice de la revue « Ce qui reste » (https://www.cequireste.fr/) depuis l’automne 2015. Elle aime relier poésie et peinture en réalisant des livres d’artistes avec différents poètes et plasticiens.

Elle contribue à de nombreuses revues et anthologies, par des poèmes, peintures, traductions ou notes de lecture. Ses dernières publications en poésie : Poèmes d’après suivi de La Route de sel (Arfuyen, 2016, Prix Yvan Goll 2017), Une robe couleur de jour (La lune Bleue, 2016), L’été (Al Manar, 2017), Toucher terre (Arfuyen, 2018).

Poème

Cherche la sauvagerie capable

de déchirer les pierres

ne passe pas ton temps dans les ailes, les nuages

dans l’illusion de légèreté

c’est confus, les mots, c’est dur

ça bouillonne et ça coupe

ça pèse son poids de mémoire et de douleur

ça noircit, ça empêche, ça nourrit la nuit

et ça ne remonte pas et ça ne fait pas son petit poème,

ça ne fait pas de bulle

ça ne germe pas, ça ne fleurit pas, ça grossit,

jusqu’à tendre la peau de l’intérieur,

la peau trop étroite pour ce corps sans forme

cherche la sauvagerie capable de mordre

du serpent caché dans les hautes herbes,

surtout pas un oiseau

les oiseaux sont des proies, les serpents

sont lisses comme des dagues

les serpents savent écrire des poèmes qu’ils abandonnent

sur les pierres, au plein jour, au soleil

avec l’ancienne peau.