Blog du Président

On connaît aujourd’hui encore les noms des lauréats des Jeux olympiques de l’antiquité, qui accordaient une place prestigieuse aux arts. Qui n’a entendu parler de Sophocle ou d’Aristophane dans son cursus secondaire ?

Donner des prix et couronner de lauriers  n’a cessé de se pratiquer depuis lors : même les classements les plus modestes dans les écoles en sont les héritiers. Les prix littéraires foisonnent de toute part, depuis le prestigieux Nobel jusqu’au modeste et poétique Prix Poésie en liberté…

On est en droit de s’interroger sur  ces traits de l’universelle nature humaine : compétition et récompense.

La « rivalité mimétique », décrite par des anthropologues, est ici présente.

Histoire de tricycle, petit vélo réservé aux enfants à l’équilibre incertain :

Voici 10 enfants de 2 ans. Devant eux, 30 tricycles flambant neufs, chacun plus beau et plus fascinant que celui d’à côté. Invitez chacun  des 10 petits  à choisir le tricycle qui lui plaît. Que va-t-il immanquablement se passer ? L’un des enfants peut-être plus rapide en choisit un au hasard. Et tous les autres vont se précipiter sans hésitation exactement sur le même tricycle.

Les coups de griffes, les pleurs et autres agitations montrent à quel point ce tricycle ordinaire est devenu « Le Tricycle par excellence », par  le choix hasardeux d’un seul.

De même, le roman désigné chaque année par l’Académie française (je n’ose dire par un concours de diverses circonstances) est transformé lui aussi en Tricycle magique qu’on s’arrache à Noël dans les librairies : heureusement que la somme versée à la caissière met tout le monde d’accord et évite l’effervescence de la cour d’école.

Il n’est pas innocent que les Prix littéraires soient nés dans l’ère démocratique grecque : chacun peut tenter sa chance et remporter la couronne.

Ce sont des règles de droit qui permettent de coopérer et de réaliser de grandes œuvres collectives. Il en est également ainsi pour notre concours.