Blog du Président

« Où est partie la poésie ? »

Sous ce titre nostalgique, un journaliste de « Causeur » a commis en mars dernier un article désespéré sur l’état de la poésie en langue française et en France. En contre-point, il rapporte le poème lu au moment de l’intronisation du Président Barack Obama en janvier 2009 : scène qu’il sent impensable au pays de Descartes et de Voltaire !

L’enquête méritait peut-être d’être un peu plus poussée : notamment au-delà de ce type de cérémonies. Le sort de la poésie se lit aussi dans l’état de l’édition et de la pratique électronique.


Il s’agit cependant d’un beau plaidoyer pour le retour de la poésie, puissante, belle, « spirituelle ».

Cet article présente à la fois l’avantage de donner l’alerte et de confirmer la commune ignorance et l’évident désintérêt sur le sujet.

Je ne suis pas poète. Je ne défends ni éditeur, ni boutique, ni institution culturelle poétique quelconque. C’est dire que je les soutiens indifféremment toutes.

Allons-y : prenons le problème à la base. C’est-à-dire chez les jeunes.

  • Un vœu (pieux ?) : faisons-les lire et écrire. De la poésie par exemple.
  • Soyons persévérants, car en effet on part de loin.
  • Gagnons la complicité de poètes et d’institutions d’éducation et de formation.
  • Organisons une grande manifestation annuelle à Paris pour couronner des poètes
  • Publions les meilleurs textes dans une anthologie diffusée largement

Programme simple et sans doute peu onéreux. Je suis certain qu’il en séduit plus d’un.

Je vais à présent faire un aveu : ce programme a été élaboré dans un lycée de Seine-Saint-Denis par un groupe de lycéens et leurs professeurs. Dès qu’il a émergé, toutes sortes de gens bien intentionnés ont avec enthousiasme voulu en faire un projet de banlieue avec ses poncifs, ses rubriques obligatoires sur le « racisme », la « diversité culturelle », la découverte des « autres poésies ».

La décision lucide qui s’est imposée aux initiateurs a affirmé le caractère inconditionnel de la poésie, son absolue liberté.

C’est ainsi qu’est né en 1998, le concours international Poésie en liberté. En 16 ans près de cent mille participants de 150 pays francophones et non francophones. 15 anthologies publiées (60000 volumes), la 16ème est en cours.

A votre bon cœur, admirateurs de Joachim du Bellay qui nous a légué cet esprit conquérant dans sa Défense et illustration de la langue française.

Amis de la poésie de « Causeur » et d’ailleurs, séchons nos larmes et retroussons nos manches !

Comptons sur l’enthousiasme et la force créatrice de la jeunesse !

PS. Je tiens à remercier ici la personne qui m’a envoyé le numéro de « Causeur » pour attirer mon attention. Il s’agit d’un modeste Curé de campagne qui souhaite rester anonyme. Merci Joseph.