Blog du Président

Chaque poème est un beau cadeau parce qu’on s’y livre en toute sincérité. Le sens que l’on transmet par son poème, les images et les émotions qui lui servent de véhicules, trouvent écho et enrichissement chez le(s) lecteur(s).

Selon la pensée de Paul Ricoeur, la vérité se situe en aval et non en amont d’un texte. Entre le moment de l’écriture et le temps de la lecture, plus le délai s’allonge et plus le texte s’enrichit de sens nouveaux et divers.

Tout poème en tant qu’effort sur soi-même est à tout point de vue sans prix, d’une valeur inestimable.


Chaque fois qu’on lui accorde un prix littéraire, on le détache de sa transcendance pour le faire entrer dans le monde de la production : il devient alors objet de marchandage intellectuel qui doit faire consensus entre des jurés ou juges. On peut alors lui donner un « prix ». Le cadeau est récompensé. L’auteur qui reçoit un prix représente tous les autres, il est redevable aux mots de la langue et de la culture dans lesquelles il s’exprime et qui le portent. Il revisite les textes du passé et ceux d’aujourd’hui dont il partage les contenus et les formes les plus intimes.

Les auteurs forment l’immense cortège de la langue vivante et créative, même quand leur poème demeure inconnu. Ils participent au sens fort du terme à l’effort de création de leur culture qui ne pourrait exister sans eux. Leur poème est lu : son sens est enrichi par les lecteurs. Il marque de sa trace indélébile leur mémoire.

Ainsi tout texte travaille en nous et poursuit sa trajectoire : l’auteur peut y revenir et lui donner une force neuve pour d’autres défis.