Blog du Président

Le poète et surtout la poétesse qui veut se livrer à l’exercice le plus périlleux se risque aux sujets universels : l’amour et la mort, qui ne sont souvent qu’un seul et même motif !

La concurrence est rude d’emblée et pour une jeune femme au cœur tendre une dure épreuve !

L’amour ? Quelqu’un donne ce qu’il n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas ! Constat absurde d’un grand psychanalyste du siècle dernier au sortir des ruines épouvantables de villes détruites et d’idéologies en faillite !


Parler d’amour en poésie c’est en revenir constamment à l’impossible promesse d’aimer toujours. Promesse dont l’écho gigantesque retentit de cœur en cœur et de chagrin en chagrin.

Promesse de contrôler des sentiments à jamais incontrôlables, espoir fou nourri d’un feu jailli d’un coup de foudre imprévisible, soudain, inattendu, d’une incompréhensible vitalité.

Chacun masque une partie de soi pour mieux sembler aimable, mais aussi masque une partie de l’autre pour le rendre plus désirable. Ambiguïté fondamentale où la douceur est habitée d’un soudain appétit effréné, brutal et sans retenue !

Alors la lutte pour cet amour déraisonnable, pulsion vitale irrépressible, trouve des chemins subtils qui donnent toute son originalité au débat moderne !

Le cri de ralliement des amours éternelles tient en un mot : laisse-moi être moi-même, pardonne mes fards, mes apprêtements, mes séductions, mes provocations pour attiser tes désirs !

Accepte mes multiples facettes, mes obscurités, mes mouvements de retrait, mes débordements insupportables.

J’ai besoin de secret et de mensonge, de clarté et de vérité, tout à la fois ! Notre bateau est ivre comme l’amour nous enivre !

La scène sur laquelle l’humanité joue sa variété de destinées est la création elle-même ! L’unité de sa vision réunit en un même concept la nature, le Créateur et la poésie en tant que siège du Verbe créateur.

L’audace poétique n’écarte aucun élément de ce triptyque. Sans quoi sa conception globale souffrirait d’une carence et de sa base métaphysique dont l’amour est l’incarnation la plus accomplie.

Un mot encore sur le jeu de miroir entre amour et amitié. Si l’amour est le maître-mot du destin intime, l’amitié tient la place éminente de principale vertu civique.

En tant qu’amour sans l’usage du corps, l’amitié affirme son caractère universel : tant l’amour exige l’exclusivité du corps, tant l’amitié peut s’adresser simultanément à un grand nombre de partenaires. En cela elle est le lien par excellence de la vie de la Cité.

L’aspiration à reconnaître à la femme un corps détaché de l’exclusivité du rapport amoureux reproducteur est une condition fondamentale de son entrée dans la vie sociale, de son changement de condition.

Les paroles des poètes ne cessent d’agir en nous et contribuent aux séismes de l’histoire petite ou grande. Elles sont promesses d’avenir meilleur.