Anthologie progressive

Gérard Mordillat, né le 5 octobre 1949 à Paris, est un romancier et cinéaste français. Il a, entre autres, publié Vive la Sociale !, L’Attraction universelle, Rue des Rigoles.

Né à Paris, dans le quartier de Belleville, d’un père serrurier à la SNCF, Gérard Mordillat s’intéresse très vite à la littérature et au cinéma.

Il publie des poèmes, travaille avec Roberto Rossellini (grâce à la caissière de la Cinémathèque française), réalise un documentaire sur les patrons, devient responsable des pages littéraires du journal Libération, qu’il quitte après la publication de son premier roman, Vive la sociale !, en 1981. Il réalise en 1983 une adaptation de son livre au cinéma, puis enchaîne romans, essais, fictions et documentaires pour petit et grand écrans.

Il est, avec Eva Almassy, Patrick Besnier, Odile Conseil, Lucas Fournier, Jacques Jouet, Dominique Muller, Hervé Le Tellier et d’autres, l’un des « papous » de l’émission de France Culture Des Papous dans la tête, fondée par Bertrand Jérôme et animée par Françoise Treussard. Il participe à l’émission La Grande Table sur France Culture.

Pour le petit écran, Gérard Mordillat a réalisé fictions et documentaires. Il est l’auteur de nombreux films, réalisés soit à partir de scénarios originaux, soit en adaptant ses propres ouvrages (Les vivants et les morts) ou d’autres écrivains (Tony Duvert, Georges Simenon, Jean Giono, Terry Stewart, Robert Pinget). Il est également l’auteur, avec Jérôme Prieur, de séries documentaires télévisées diffusées sur Arte traitant du christianisme : Corpus Christi, L’Origine du christianisme, L’Apocalypse. Avec ce même écrivain et réalisateur (Jérôme Prieur), il a aussi réalisé un documentaire et une fiction autour de la figure d’Antonin Artaud.

Poème

DE QUOI PARLONS-NOUS ?

De quoi parlons-nous ?
De la montagne mélancolie et ses brumes glacées ?
Du légitime secret de nos chambres d’hôtels ?
Du train de nos jours et celui de nos nuits ?
Des lignes de ta main où le livre s’écrit ?
Du regard hygiénique qui lave tout mystère ?
De l’ombre pourchassée par le droit et le fer ?
De l’épaisseur des mots contre les évidences ?
De la bourgeoise obésité et sa peur sacrée ?
De l’aigle d’Alexandre, la croix de Constantin ?
De la colombe de Noé, de celle de Picasso ?
D’un signe dans le ciel brillant par son absence ?
De l’hypocrisie cléricale, la vertu révolutionnaire ?
De ce que je dois faire pour mourir en riant ?
De la puanteur capitaliste monopoliste d’État ?
De la véhémence des paysages métallurgiques ?
D’une lettre morte et d’une autre bien vivante ?
Des larmes qui s’enfuient dans la nuit promise ?
Des fraternités dangereuses des foules insurgées ?