Anthologie progressive

Marianne Auricoste

Poète
Comédienne

Débute au théatre, puis se consacre au rayonnement de la poésie et des nouvelles contemporaines de tous les pays et crée l’association Le Champ des mots (subventionnée par la DRAC et le CNl)
Elle effectue de nombreuses tournées de récitals de poèmes en France et à l’étranger ( Alliances Françaises et Centres Culturels)

Créations de spectacles autour de : Jules Valles, Rosa Luxembourg, Henri Michaux, Yannis Ritsos, Octavio Paz, Guillevic, les poètes du désert …Chants profonds de l’Arménie

Créations de festivals autour de la nouvelle contemporaine francophone et étrangère. Elle se produit dans plusieurs théatres parisiens (Café de la danse, théatre Essaïon, théatre de la Vieille Grille, théatre du Rond Point ,Centre Mandapa….) et collabore au festival de la nouvelle de ST Quentin en Picardie.

Productrice à RFI et France Culture ( nouvelles francophones et poésie )

Elle a publié :

L’Argile des mots (Casterman)
Lettre de Beauce (Chambelland)
Flâner en France (C. Pivot)
Itinèraire littèraire en Aubrac (Jacques Brémond)
Conversation dans le noir (L’Harmattan)
La Promesse (L’Harmattan)
Guillevic, les noces du goéland ( L’Harmattan )
Le jour se lève, Marina ( à paraître)
Articles dans les revues : Vagabondages – Europe – Sud – dire – trousse livre – Nouvelles nouvelles…

Résidence d’écrivain en Aubrac 1990
Résidence d’écrivain à Quimper 99-2000

Poème

L’enfant

Tous sont rentrés dans la maison. L’enfant reste seul. Il sourit gravement dans l’ombre. Un sourire pour lui tout seul. Un sourire que les autres ne comprendraient pas.
L’enfant sait qu’il doit se taire. Il ne veut pas effrayer les adultes. Son secret est trop lourd. Il ne peut pas le partager.
Il le porte depuis très longtemps. Depuis toujours, peut-être. Il ne sait pas au juste quand cela est arrivé. Un matin ou peut-être un soir. Ca lui est tombé dessus et depuis, il est troublé. Son sommeil est occupé par des songes qui l’obligent à se réveiller, à marcher dans la nuit, quelque fois. On l’avertit de tout. Pourquoi ne le laisse-t-on pas jouer paisiblement comme les autres enfants. Pourquoi doit-il sans cesse veiller ? Pourquoi ce bruit autour de lui ?
Quelque fois il s’impatiente. Il appelle, mais personne ne vient le réconforter. Il doit se débrouiller tout seul avec ces énigmes. Un jour, quand il sera grand, il plantera une forêt, celle qui habite ses rêves et la forêt lui répondra, les arbres, les oiseaux et aussi le vent, la lune et le soleil. Pour le moment, il doit patienter. Il se console en jouant avec ses osselets