Anthologie progressive

Paul de Brancion a enseigné la philologie romane et la littérature. Rédacteur en chef de la revue Sarrazine, il est l’auteur de plusieurs romans, dont Le château des étoiles : étrange histoire de Tycho Brahé (Phébus, 2005) et de recueils poétiques : Vent contraire (Dumerchez, 2003), Le Marcheur de l’oubli (Lanskine, 2006), Tu-rare (Lanskine, 2008) et Ma Mor est morte (Bruno Doucey, 2011). Il s’implique régulièrement dans des projets artistiques transversaux, notamment avec des compositeurs de musique contemporaine (Thierry Pécou, Jean-Louis Petit, Gilles Cagnard, Nicolas Prost…) Il partage son temps entre Paris, la Corse et Nantes où il organise des rencontres consacrées à la littérature et à la poésie.

Poème

Doit-on  dire adieu à cela  ?
lumière derrière les cyprès
en rideau de cruauté

ce monde
va s’éteindre
dernier témoignage d’un état
où la beauté tenait
le haut du pavé
négligeant forcément la douleur
assis devant ces fleurs
une ultime fois  ?
dans ce jardin
où j’ai eu tant de crainte
me suis jeté à terre
espérant disparaître
dans le sol sec de l’été
sur le chemin où les bambous
prolifèrent
autour du grand cèdre au bec de  corbeau.

j’ignore le destin des choses.
il y a des chèvres dans la colline

l’appel des cloches
intime l’ordre de refermer la porte
de ce paradis à gueule d’enfer
Est ce que cela va mourir
cette assemblée des
palmiers, platanes, orangers, figuiers, oliviers  centenaires
qui ont connu le gel sous Louis XIV  ?