Anthologie progressive

Jacques Ancet est né à Lyon en 1942. Il est l’auteur d’une trentaine de livres (poèmes, romans, essais) dont, récemment, Les travaux de l’infime, Po&psy in extenso, Erès, 2012, La Tendresse, publie.papier, 2012, Le Silence des chiens, publie.papier, 2012, Comme si de rien, L’Amourier, 2012, Chutes IV, Alidades, 2012, Portrait d’une ombre, Po&psy, Erès, 2011, Chronique d’un égarement, Lettres Vives, 2011, Puisqu’il est ce silence, Lettres Vives, 2010, L’Identité obscure, Lettres Vives, 2009, L’amitié des voix, publie.net, 2009 — Prix Charles Vildrac de la SGDL et prix Heredia de l’Académie Française, 2005, Prix Apollinaire, 2009. Auteur également d’un soixantaine de traductions dont, entre autres, des versions de Jean de la Croix, de Gómez de la Serna, de Cernuda, Valente ou Gamoneda, il vient de publier deux anthologies, l’une de Jorge Luis Borges, La Proximité de la mer, 99 poèmes, Gallimard/Du monde entier, 2010, l’autre de Francisco de Quevedo Les Furies et les peines, 102 sonnets, Poésie/Gallimard, 2011 et Lettre ouverte suivie de Sous la pluie étrangère, de Juan Gelman, Caractères, 2011 —  Prix Nelly Sachs 1992, Rhône-Alpes du Livre, 1994 et Bourse de traduction du Prix Européen de Littérature, 2006.

Poème

LAISSER DIRE

On ne sait pas laisser dire. On dit ou on laisse. On ne fait pas les deux.

La nuit, par exemple. Laisser dire la nuit. La lueur de la pierre et l’étoile.

Laisser dire ce qu’on ne voit pas mais qu’on entend, si près qu’on l’a sur le bout de la langue.

Quelque chose grignote les heures. On aurait cru l’inverse, mais non. On ferme les yeux. On laisse dire.